serpent

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serpent

serpent [ s…õrp…ĎŐÉ ] n. m.
‚ÄĘ 1080; lat. serpens, proprt ¬ę rampant ¬Ľ
1 ‚ô¶ Reptile apode √† corps cylindrique tr√®s allong√©, qui se d√©place par des ondulations lat√©rales du corps (‚áí ophidien). Serpents venimeux, non venimeux. ¬ę Pas un serpent de nos pays, mais une b√™te tropicale, charg√©e de venins s√Ľrs, et rapide √† mordre ¬Ľ (Bosco). Morsure de serpent. Serpent aglyphe. La mue d'un serpent. Ňíuf de serpent. ‚ÄĒ Charmeur de serpent : en Orient (Inde, etc.), homme qui donne en spectacle des serpents venimeux qu'il tient en respect en les ¬ę charmant ¬Ľ au son d'un instrument. ‚áí 1. psylle. ‚ÄĒ (1875) Serpent √† lunettes (‚áí cobra) , √† sonnettes (‚áí crotale) . Serpent d'eau : esp√®ce de couleuvre aquatique; par anal. poisson anguiforme (anguille, congre).
‚ôĘ Peau de serpent utilis√©e en maroquinerie. Ceinture en serpent.
2 ‚ô¶ Repr√©sentation symbolique ou religieuse de cet animal. Les Gorgones √† chevelure de serpents. Serpents fabuleux. ‚áí dragon, guivre, hydre, vouivre. Le serpent √† plumes, Quetzalcoatl, divinit√© de l'Am√©rique pr√©colombienne. ‚ÄĒ Serpent de mer : animal marin fabuleux, mal identifi√©; fig. sujet d'article rebattu, utilis√© p√©riodiquement dans la presse, en l'absence d'informations plus importantes. ¬ę les histoires de tr√©sors cach√©s des S.S. et autres serpents de mer de la presse √† grand tirage ¬Ľ (Perec).
‚ôĘ Incarnation du d√©mon qui tenta √ąve dans le paradis terrestre. ‚ÄĒ Personne perfide et m√©chante. ¬ę ces serpents de la litt√©rature qui se nourrissent de fange et de venin ¬Ľ (Voltaire). Loc. Vieilli R√©chauffer, nourrir un serpent dans son sein : prot√©ger qqn qui cherche √† vous nuire.
3 ‚ô¶ Chose √©tir√©e, sinueuse. ¬ę un gros serpent de fum√©e noire ¬Ľ (Maupassant).
‚ôĘ Ancien instrument √† vent plusieurs fois recourb√© dont on se servait dans les √©glises sans orgues.
4 ‚ô¶ (1972) √Čcon., fin. Serpent mon√©taire europ√©en : accord visant √† limiter les marges de fluctuation des taux de change entre pays europ√©ens. Absolt √ätre, entrer dans le serpent. Sortir du serpent.

‚óŹ serpent nom masculin (latin serpens, -entis, de serpere, ramper) Reptile sans pattes, au corps allong√©, se d√©pla√ßant par ondulations lat√©rales du corps. (Les serpents constituent le sous-ordre des ophidiens, de l'ordre des squamates.) Litt√©raire. Personne perfide et m√©chante. Ce qui affecte une forme sinueuse, √©tir√©e, ondulante : Le long serpent des v√©hicules la nuit sur l'autoroute. Instrument de musique √† vent constitu√© par un tube en bois recouvert de cuir et perc√© de trous, accessibles gr√Ęce √† sa forme en S. (Il est la basse des cornets √† bouquin.) ‚óŹ serpent (citations) nom masculin (latin serpens, -entis, de serpere, ramper) Nicolas Boileau, dit Boileau-Despr√©aux Paris 1636-Paris 1711 Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imit√©, ne puisse plaire aux yeux. L'Art po√©tique Marceline Desbordes-Valmore Douai 1786-Paris 1859 Il y a des temps o√Ļ l'on ne peut plus soulever un brin d'herbe sans en faire sortir un serpent. Correspondance, √† Pauline Duchambge, 11 mai 1857 Jean Giraudoux Bellac 1882-Paris 1944 Il √©tait un pauvre serpent qui collectionnait toutes ses peaux. C'√©tait l'homme. Sodome et Gomorrhe, I, 3, Lia Grasset Jean de La Fontaine Ch√Ęteau-Thierry 1621-Paris 1695 On en use ainsi chez les grands : La raison les offense ; ils se mettent en t√™te Que tout est n√© pour eux, quadrup√®des et gens Et serpents. Fables, l'Homme et la Couleuvre Jean Racine La Fert√©-Milon 1639-Paris 1699 Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos t√™tes ? Andromaque, V, 5, Oreste Paul Val√©ry S√®te 1871-Paris 1945 Va ! je n'ai plus besoin de ta race na√Įve, Cher serpent‚Ķ La Jeune Parque Gallimard Fran√ßois Marie Arouet, dit Voltaire Paris 1694-Paris 1778 L'autre jour, au fond d'un vallon, Un serpent piqua Jean Fr√©ron. Que pensez-vous qu'il arriva ? Ce fut le serpent qui creva. Po√©sies m√™l√©es, √Čpigramme imit√©e de l'Anthologie Virgile, en latin Publius Vergilius Maro Andes, aujourd'hui Pietole, pr√®s de Mantoue, 70 avant J.-C.-Brindes 19 avant J.-C. Un serpent se cache dans l'herbe. Latet anguis in herba. Les Bucoliques, III, 93 William Shakespeare Stratford on Avon, Warwickshire, 1564-Stratford on Avon, Warwickshire, 1616 Semblez √™tre la fleur innocente, mais soyez le serpent qu'elle dissimule. Look like th'innocent flower, But be the serpent under't. Macbeth, I, 5, lady Macbeth ‚óŹ serpent (difficult√©s) nom masculin (latin serpens, -entis, de serpere, ramper) Orthographe Serpent √† lunettes (= naja), avec lunettes au pluriel. Serpent √† sonnette ou √† sonnettes, avec sonnette au singulier ou au pluriel. Recommandation Pr√©f√©rer la graphie serpent √† sonnette, avec sonnette au singulier, plus fr√©quente aujourd'hui. Emploi On dit se faire mordre par un serpent (et non se faire piquer par un serpent). Remarque Les serpents et certaines araign√©es mordent en enfon√ßant leurs crochets, contrairement aux insectes et aux scorpions, acariens, tiques, etc. qui piquent en enfon√ßant leur aiguillon ou leur dard. ‚Üí piq√õre ‚óŹ serpent (expressions) nom masculin (latin serpens, -entis, de serpere, ramper) Serpent cracheur, serpent capable de projeter son venin dans les yeux de son adversaire, comme le font certains cobras. Serpent marin, synonyme de hydrophid√©. Serpent de mer, tr√®s grand animal marin hypoth√©tique, observ√© dans l'oc√©an Indien et le Pacifique, et qui pourrait √™tre une anguille g√©ante ou un survivant d'un groupe de reptiles disparus ; (familier) sujet banal, clich√© qui revient dans l'actualit√© aux moments o√Ļ celle-ci est peu fournie ; histoire qui redevient p√©riodiquement un sujet de conversation. Serpent minute, synonyme de typhlopid√©. Serpent mon√©taire europ√©en, syst√®me mon√©taire instaur√© en 1972 et remplac√© en 1979 par le Syst√®me mon√©taire europ√©en (S.M.E.). Serpent √† plumes, nom donn√© au dieu pr√©colombien Quetzalc√≥atl souvent repr√©sent√© sous la forme d'un serpent portant le plumage du quetzal. ‚óŹ serpent (synonymes) nom masculin (latin serpens, -entis, de serpere, ramper) Serpent marin
Synonymes :
- hydrophidé
Serpent minute
Synonymes :
- typhlopidé

serpent
n. m.
d1./d Reptile ophidien au corps allongé, dépourvu de membres, et qui se déplace par reptation.
‚ÄĒ Serpents aglyphes, opisthoglyphes, prot√©roglyphes, sol√©noglyphes: V. ces mots.
‚ÄĒ Serpent √† lunettes: naja.
‚ÄĒ Serpent √† sonnette(s): crotale.
‚ÄĒ Serpent d'eau: couleuvre aquatique.
‚ÄĒ (Afr. subsah.) Serpent des bananiers: mamba vert. Serpent-minute ou serpent √† deux t√™tes: typhlops. Serpent-cracheur: V. cracheur. Serpent-boa: python.
|| Fig. Réchauffer un serpent dans son sein: favoriser les débuts dans la vie d'une personne qui plus tard nuira à son bienfaiteur.
|| Le Serpent: le démon tentateur, dans les écritures.
d2./d Fig. Personne perfide, mauvaise.
|| Une langue de serpent: une personne médisante.
d3./d ECON, FIN Serpent monétaire: système qui organise et limite les marges de la fluctuation entre les monnaies de plusieurs pays. Serpent monétaire européen.
Encycl. Les serpents les plus dangereux sont les serpents protéroglyphes et solénoglyphes. Les premiers gestes à accomplir en cas de morsure sont de mettre la victime au repos, de la rassurer, de calmer ses douleurs par un antalgique, de désinfecter la plaie. L'injection d'un sérum antivenimeux est essentielle.

‚áíSERPENT, subst. masc.
I. A. ‚ÄĒ ZOOLOGIE
1. a) Reptile du sous-ordre des Ophidiens comportant de nombreuses espèces, au corps cylindrique et très allongé, caractérisé par l'atrophie ou la disparition complète des membres. Combat d'un lézard et d'un serpent d'un mètre de long, noir lamé de blanc, très mince et agile, mais si occupé par la lutte que nous pouvons l'observer de très près (GIDE, Voy. Congo, 1927, p. 687). V. anneau ex. 10, basilic2 ex. 1 et darder I B 1 ex. de France et de Toulet:
‚ÄĘ 1. Va! je n'ai plus besoin de ta race na√Įve,
Cher Serpent... Je m'enlace, être vertigineux!
Cesse de me pr√™ter ce m√©lange de nŇďuds
Ni ta fidélité qui me fuit et devine...
VAL√ČRY, J. Parque, 1917, p. 97.
SYNT. Grand, gros, √©norme, immense serpent; peau, mue du serpent; crochets, dent, langue du serpent; le serpent siffle, darde sa langue; venin du serpent; morsure, piq√Ľre de serpent; avoir peur des serpents; anneaux, mouvements, ondulations, orbes du serpent; serpent qui glisse, se faufile, ondule, rampe, s'enroule, s'enlace; charmeur de serpents (v. charmeur I A p. anal.); serpents ovipares, ovovivipares; serpents venimeux, non venimeux; serpents constricteurs; serpents terrestres, arboricoles; serpents aquatiques, semi-aquatiques; serpents marins.
‚ÄĒ [Suivi d'un d√©terminatif indiquant l'esp√®ce (dans la lang. cour.)]
‚ô¶ Serpent boa. V. boa ex. 3.
♦ Serpent à collier ou serpent d'eau. Couleuvre aquatique appelée aussi couleuvre d'eau. Parmi les serpens de notre pays, il n'y a que la vipère seule qui soit vénimeuse et dangereuse, tous les autres ne le sont pas; la couleuvre, le serpent à collier, qui est une espèce de couleuvre, l'orvet ne peuvent pas même mordre (GEOFFROY, Méd. prat., 1800, p. 514).
‚ô¶ Serpent corail. V. corail B 2. Serpent devin. V. devin B.
♦ Serpent fouet. Serpent très mince, de la famille des Colubridés, appelé aussi couleuvre verte et jaune, commun dans le midi de la France et en Europe méditerranéenne (d'apr. Zool. 1972).
♦ En compos. Serpent-loup. ,,Petite couleuvre terrestre d'Asie méridionale (...) de 30 à 60 cm, à tête plate armée de 2 grandes dents pleines, qui se nourrit surtout de petits lézards`` (Animaux 1981).
♦ Serpent à lunettes. V. lunette C 5 .
‚ô¶ Serpent marin. Serpent aquatique vivant pr√®s des c√ītes du Pacifique occidental et de l'oc√©an Indien (d'apr. Animaux 1981).
♦ Serpent-minute. Serpent fouisseur, venimeux, de très petite taille. Ces scorpions jaunes, noirs ou blancs qui se cachent dans les pantoufles, les chiques qui pondent entre les doigts de pied, le serpent-minute qui ne vous laisse pas faire votre testament (MORAND, Paris-Tombouctou, 1929, p. 31).
♦ Serpent python. V. python B. Serpent à sonnettes. V. sonnette.
♦ Serpent volant. Serpent grimpeur d'Asie méridionale de la famille des Colubridés. Les véritables grimpeurs, dont le type est le Serpent volant (...) ne sont pas particulièrement minces, mais ont des plaques ventrales et sous-caudales très fortement encochées et carénées latéralement (Zool., t. 4, 1974, p. 167 [Encyclop. de la Pléiade]).
‚ÄĒ [Dans des compar., des loc. ou des expr.; p. allus. aux traits physiques du serpent ou aux caract√©ristiques morales qui lui sont traditionnellement attribu√©es]
‚ô¶ Se dresser, se glisser, ramper, se tordre comme un serpent; des yeux de serpent; des ondulations, des mouvements de serpent; une souplesse de serpent; souple comme un serpent. L'Ňďil de loin suit leur foule [des caravanes], Qui sur l'ardente houle Ondule et se d√©roule Comme un serpent marbr√© (HUGO, Orient., 1829, p. 21). La superbe femme √©tait sur la prairie (...). Elle remuait un peu, plus onduleuse qu'un serpent (JOUVE, Sc√®ne capit., 1935, p. 196).
‚ô¶ La prudence du serpent. La femme, au moment o√Ļ elle est dans l'incertitude de savoir si elle prendra un amant ou restera fid√®le √† son mari, devient l'√™tre le plus spirituel et le plus perspicace du monde. Elle a la ruse du renard, la prudence du serpent, l'intelligence des singes, la force des lions (BALZAC, Physiol. mariage, 1826, p. 116).
[P. allus. à la parole du Christ recommandant à ses disciples d'être ,,prudents comme les serpents et simples comme les colombes`` (Matth. X, 16)] La simplicité de la colombe doit être tempérée par la prudence du serpent, et la prudence consiste essentiellement à ne tomber dans aucun piège et à choisir le bon chemin (AMIEL, Journal, 1866, p. 281).
‚ô¶ Litt√©r. Nourrir, r√©chauffer un serpent dans son sein. Prot√©ger, favoriser une personne qui se manifeste ingrate et rend le mal pour le bien. Bernadotte a √©t√© le serpent nourri dans notre sein; √† peine il nous avait quitt√©s, qu'il √©tait dans le syst√®me de nos ennemis, et que nous avions √† le surveiller et √† le craindre (LAS CASES, M√©mor. Ste-H√©l√®ne, t. 1, 1823, p. 977). Si tout cela n'est qu'hypocrisie, si je dois voir en vous un serpent que j'aurai r√©chauff√© dans mon sein, vous seriez une inf√Ęme, une horrible cr√©ature! (BALZAC, Pierrette, 1840, p. 102).
‚ô¶ Un serpent cach√© sous les fleurs (ou plus rarement, sous l'herbe traduit de Virgile: Latet anguis in herba). Danger cach√© sous des apparences trompeuses, s√©duisantes. Le mal, comme un serpent cach√© sous les fleurs, se serait gliss√© dans la r√©publique mellif√®re par cela m√™me qui devait en faire la gloire (PROUDHON, Propri√©t√©, 1840, p. 320). Je trouvais chez les dames Laroque un serpent sous l'herbe. C'√©tait Mademoiselle Alphonsine Dusuel qui jadis me piquait les mollets en m'appelant ¬ę tr√©sor¬†¬Ľ (FRANCE, Pt Pierre, 1918, p. 144). V. fleur B 5 b ex. de Sand.
‚ô¶ [P. allus. √† la mue du serpent, pour √©voquer une transformation, une m√©tamorphose de l'√™tre humain ou son caract√®re versatile] Si on pouvait d√©pouiller sa vieille peau comme les serpents, renouveler son moi, rajeunir! (FLAUB., Corresp., 1874, p. 127). L'insaisissable Lema√ģtre √©num√®re humblement, pour sa plus grande gloire, toutes les peaux de serpent (...) qu'il a sem√©es avant que d'√™tre un royaliste de Maurras (BARR√ąS, Cahiers, t. 6, 1908, p. 303).
b) P. m√©ton. Peau de cet animal, trait√©e et utilis√©e pour la fabrication de certains articles. Bracelet de montre, sac √† main en serpent. La direction et le portier de l'h√ītel avaient conserv√© √† Mistress Key leur gratitude, et vu revenir avec joie ses valises de serpent (PEYR√Č, Matterhorn, 1939, p. 98).
2. P. anal. [Désignant des animaux non ophidiens, reptiles ou poissons, évoquant le serpent par leur forme]
a) Serpent de verre. Synon. de orvet. V. ce mot ex. de Gautier.
b) Serpent d'eau, serpent marin, serpent(-)de(-)mer. [Nom donn√© √† certains poissons anguiformes tels que l'anguille, le congre, la mur√®ne] On donne ce nom [de serpent marin] √† deux esp√®ces du genre des mur√®nes de Linnaeus (...) la premi√®re esp√®ce, la mur√®ne-serpent tach√© est un poisson dont l'ensemble, les habitudes et les mouvements ont beaucoup de rapport avec ceux des v√©ritables reptiles (...) la seconde esp√®ce, que l'on nomme plus souvent que toutes les autres esp√®ces de poissons serpent marin, serpent-de-mer, est la muraena-serpens de Linnaeus (BAUDR. P√™ches 1827). J'aper√ßus une b√™te qui se tordait travers√©e par les dents de fer. C'√©tait un congre (...). Le serpent de mer, le corps perc√© de cinq plaies, glissa, rampa, fr√īlant mes pieds (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Soir, 1889, p. 1132).
‚ÄĒ Serpent marin, serpent de mer. Monstre marin fabuleux. On se rappelle le bruit que fit en 1837 la d√©couverte du grand serpent de mer vu par le navire le Havre √† la hauteur des A√ßores. Tous les journaux s'en sont occup√©s; et, apr√®s s'en √™tre montr√©e stup√©faite, la presse, faisant volte-face, a pr√©sent√© ensuite le grand serpent marin comme un √™tre imaginaire (COLLIN 1863).
♦ Au fig. Serpent de mer. Thème rebattu et peu crédible ou information généralement peu fondée, souvent à caractère sensationnel, reprise par la presse durant les périodes creuses. On a trop souvent annoncé l'arrivée de ce serpent de mer de la sociologie, la fin du couple, des noces, de la famille, pour qu'on y croie facilement (Le Nouvel Observateur, 2 févr. 1976, p. 32, col. 2).
En compar. Comme le serpent de mer, Paris, port-de-mer, est encore un de ces sujets qui passent en premi√®re page, les jours creux, au mois d'ao√Ľt, quand les journaux n'ont rien √† monter en vedette (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 302).
B. ‚ÄĒ [Repr√©sentation figurative ou symbolique]
1. ALCHIM. Symbole du mercure. Le mercure des philosophes, appelé aussi le lion vert, le serpent (HUYSMANS, Là-bas, t. 1, 1891, p. 127). Le serpent, dépourvu d'ailes, demeure l'hiéroglyphe du mercure commun, pur et mondé, extrait du corps de la magnésie ou matière première (FULCANELLI, Demeures philosophales, t. 2, 1929, p. 224).
2. H√ČRALD. Figure d'armoiries repr√©sentant un serpent. Pusay-d'azur, √† trois serpents d'argent, couronn√©s d'or (GRANDM. 1852).
3. [Dans les relig. et les mythol., comme animal sacr√© dou√© d'un caract√®re symbolique ambivalent] Le serpent de vie que les Hindous appellent kundalini et dont toutes les religions ont fait le symbole de la connaissance, celle qui apporte le bien et le mal parce qu'elle augmente le pouvoir de l'homme (ABELLIO, Pacifiques, 1946, p. 213). Symbole de vie et de mort, principe spirituel et puissance des t√©n√®bres, avaleur et aval√©, le serpent est dans la Gen√®se (3, 1-15) √† la fois ce qui d√©truit l'harmonie paradisiaque en induisant √ąve en tentation et l'initiateur au savoir, nouvelle forme d'harmonie. De la m√™me fa√ßon la pens√©e grecque, comme la pens√©e √©gyptienne, distingue dans le serpent l'artisan d'un retour du monde au chaos et l'√™tre vivifiant, le f√©condateur de l'esprit (AZ.-OLIV. Litt. 1978).
a) Dans les relig. ou les mythol. antiques
‚ÄĒ Attribut de certaines divinit√©s (Isis, Cyb√®le, Ath√©na, les Furies, les Gorgones, etc.). Tous les monuments qui me sont connus mettent dans les mains de cette d√©esse [Ath√©n√©e] un serpent, qui √©tait le symbole de la vie. Mais cette image n'e√Ľt pas √©t√© agr√©able (CH√ČNIER, Bucoliques, 1794, p. 297). Dans la mythologie, la divinit√© M√©duse avait une t√™te horrible dont les cheveux √©taient remplac√©s par des serpents sifflants (COUPIN, Animaux de nos pays, 1909, p. 461).
‚ô¶ En partic. Attribut des dieux gu√©risseurs, notamment d'Esculape, dieu de la m√©decine dont l'embl√®me est le caduc√©e. La boutique du pharmacien avec ses bocaux et les serpents d'Esculape (FRANCE, Riquet, 1904, p. 84). [L'Esculape dans l'iconographie grecque] est reconnaissable √† ses attributs: le b√Ęton et le serpent. Le b√Ęton est celui du m√©decin en tourn√©e, b√Ęton noueux autour duquel s'enroule le serpent, animal divinateur (LAVEDAN 1964). V. caduc√©e ex. 1.
‚ÄĒ Le serpent qui se mord la queue. L'Ouroboros √©gyptien, symbole de la vie, de la continuit√©, de l'√©ternit√©. Nous comprenons pourquoi aux yeux des alchimistes, l'Ňďuvre myst√©rieuse n'avait ni commencement ni fin, et pourquoi ils la symbolisaient par le serpent annulaire, qui se mord la queue: embl√™me de la nature toujours une, sous le fond mobile des apparences (BERTHELOT, Orig. alchim., 1885, p. 284). Ce n'est pas sans raison que le serpent est le symbole de la puissance oblique, litt√©ralement diabolique, qui d√©forme nos beaux projets. En revanche, le serpent qui se mord la queue, imitant le cercle des rondes, repr√©sente la victoire de l'esprit, et l'√©ternel r√©gnant sur la b√™te (ALAIN, Propos, 1933, p. 1182).
‚ô¶ [Avec une valeur n√©g.] Ce qui appara√ģt comme sans solution possible; situation sans issue. En compar. La m√©fiance est un cercle vicieux, pareil au symbole √©gyptien du serpent qui se mord la queue. Elle se d√©vore elle-m√™me (AMIEL, Journal, 1866, p. 62).
‚ÄĒ Serpent √† plumes. Divinit√© des mythologies am√©rindiennes, repr√©sent√©e sous la forme d'un serpent ail√©, notamment le Quetzalcoatl des Tolt√®ques puis des Azt√®ques. Dans les mythologies am√©rindiennes, souligne Alexander (Alec 125 sq), depuis le Mexique jusqu'au P√©rou, le mythe de l'Oiseau-Serpent co√Įncide avec les plus anciennes religions de culture du ma√Įs (...). Le serpent √† plumes est tout d'abord le nuage de pluie et, de fa√ßon privil√©gi√©e, le cumulus aux reflets argent√©s du milieu de l'√©t√© (Symboles 1969).
b) Dans les relig. juive et chrét.
‚ÄĒ Le serpent d'airain (Nombres XXI, 8-9). Serpent d'airain √©rig√© dans le d√©sert par Mo√Įse, sur l'ordre de Dieu, et dont la vue gu√©rissait les Isra√©lites mordus par les serpents br√Ľlants. C'est [J√©sus] le Serpent d'airain du Livre des Nombres (Num. XXI, 8, 9) √† quoi il a plu au Sauveur Lui-m√™me de se comparer (Joann. III, 14), ce serpent dont la vue curative suffit √† r√©parer la morsure de cet autre reptile enflamm√© qui attaque notre pied dans le sable (CLAUDEL, Po√®te regarde Croix, 1938, p. 62).
‚ÄĒ Symbole du principe du mal, le d√©mon, Satan. Le serpent de l'√Čden, du Paradis; le serpent d'√ąve; le serpent infernal. Au sens mystique, le diable est le serpent de la Gen√®se; il r√®gne sur la terre. L'iniquit√© le presse sur la terre; il ne pourra donc faire p√©nitence; son iniquit√© descendra (Th√©ol. cath. t. 4, 1 1920, p. 366):
‚ÄĘ 2. Le serpent a offert la connaissance √† Adam et √† √ąve. Les sir√®nes ont offert la connaissance √† Ulysse. Ces histoires enseignent que l'√Ęme se perd en cherchant la connaissance dans le plaisir. Pourquoi? Le plaisir peut-√™tre est innocent, √† condition qu'on n'y cherche pas la connaissance. Il n'est permis de la chercher que dans la souffrance.
WEILL, Juda√Įsme, 1931, p. 88.
C. ‚ÄĒ P. anal. ou au fig.
1. Personne rusée, malfaisante, médisante. Un vrai serpent, ce Fauchery; un envieux, un homme capable de s'acharner après une femme et de détruire son bonheur (ZOLA, Nana, 1880, p. 1188). Et ce vil serpent, Fourcroy, qui enseignait alors la chimie au Jardin des Plantes! Il diffamait déjà son collègue Lavoisier (ADAM, Enf. Aust., 1902, p. 344).
‚ÄĒ Loc. (Avoir une) langue de serpent. V. langue B 2.
♦ P. méton. Personne très médisante. (Dict. XIXe et XXe s.).
Rem. ,,On dit plut√īt aujourd'hui: c'est une langue de vip√®re`` (Ac. 1935).
2. Litt√©r. Sentiment mauvais ou douloureux s'exer√ßant d'une mani√®re insidieuse et obs√©dante. Tout mortel dans son cŇďur cache, m√™me √† ses yeux, L'ambition, serpent insidieux, Arbre impur, que d√©guise une brillante √©corce (CH√ČNIER, Odes, 1794, p. 239). La douleur est un serpent qui se glisse √† travers toutes les barri√®res et qui nous retrouve toujours (CONSTANT, Journaux, 1804, p. 87). [Dans des p√©riphrases] Les serpents de l'Envie, de la Calomnie (Ac. 1835-1935). L'abominable serpent de jalousie se d√©roulait et se tordait en son cŇďur (GIDE, Faux-monn., 1925, p. 1070).
II. ‚ÄĒ P. anal.
A. ‚ÄĒ 1. Ce qui se d√©roule, se d√©veloppe √† la mani√®re d'un serpent. Des serpents de flamme, de fum√©e. On montait, on montait, par des chemins en zigzags, toute la famille √† la file et √† pied, formant serpent (LOTI, Rom. enf., 1890, p. 189). Des laminoirs sortaient des barres de fer rouge qui s'allongeaient et se tordaient sur le sol, comme des serpents de feu (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 209).
2. Objet qui évoque un serpent par sa forme ou qui est fabriqué en forme de serpent. Dans son salon, il avait une jardinière dont le pied était fait par un serpent en bois verni qui montait en s'enroulant vers un nid d'oiseau (GONCOURT, Journal, 1853, p. 92). Et [elle] s'occupait à se passer au poignet, un serpent de diamants, en bracelet (BOURGES, Crépusc. dieux, 1884, p. 48).
‚ÄĒ Arg., vx. Ceinture de cuir o√Ļ un soldat mettait son argent. Depuis six mois qu'il [ce caporal] tient l'ordinaire il a un serpent qui lui coupe les flancs, lui qui n'avait pas le sou auparavant (VIDAL, DELMART, Caserne, 1833, p. 172).
B. ‚ÄĒ Empl. techn.
1. A√ČRON. ,,Long cordage fix√© √† la nacelle d'un ballon et qui sert d'amortisseur pour les descentes un peu brusques`` (Lar. 20e). Les stabilisateurs funiculaires continus employ√©s (...) [dans les ballons maritimes] sont form√©s d'un gros c√Ęble souple ou serpent (MARCHIS, Nav. a√©r., 1904, p. 559).
2. ASTRON. Constellation équatoriale répartie en deux aires distinctes séparées par une zone du Serpentaire (d'apr. MULLER 1980).
3. BIJOUT. Ňíil-de-serpent.
4. BOT. Langue(-)de(-)serpent. Ophioglosse (v. ce mot s.v. ophio- et serpentaire1). Bois de serpent. V. serpentine B 1.
5. CHIM. ANC. ,,Petit cylindre de sulfocyanure de mercure, de la grosseur d'un crayon, qui, allum√© √† une extr√©mit√©, reproduit les enroulements et les flexuosit√©s d'un ophidien qui se tord`` (Lar. encyclop.). Elle d√©signa la poudre blanche: c'est du serpent de Pharaon. N'aie pas peur, cela ne tue qu'en br√Ľlant (DRUON, Roi de fer, 1955, p. 257).
6. √ČCON. [P. r√©f. √† la forme de la courbe graphique, repr√©sentant l'√©volution du cours des diff√©rentes monnaies concern√©es] Serpent mon√©taire europ√©en (abr√©v. S.M.E.), ou p. ell., serpent. Syst√®me d√©terminant la marge de fluctuation des taux de changes √† l'int√©rieur d'un groupe de plusieurs monnaies europ√©ennes li√©es entre elles par des parit√©s d√©finies. √ätre, entrer dans le serpent; sortir du serpent. Le 22 avril 1972 a commenc√© √† fonctionner le ¬ę serpent¬†¬Ľ europ√©en (...). Les monnaies qui font partie du ¬ę serpent¬†¬Ľ sont li√©es par des parit√©s fixes dont elles peuvent s'√©carter au maximum de 1,125 % dans chaque sens (...). La Banque de France √©tait tenue jusqu'√† maintenant de maintenir la valeur du franc vis-√†-vis des monnaies europ√©ennes faisant √©galement partie du fameux ¬ę serpent¬†¬Ľ communautaire (Le Monde, 22 janv. 1974 ds GILB. 1980).
7. MUS. Instrument à vent, en bois recouvert de cuir, au tuyau ondulé dans sa forme primitive, utilisé couramment jusqu'au XIXe s. dans la musique d'église et la musique militaire et aujourd'hui à peu près délaissé. L'origine de l'ophicléide est le serpent, qui accompagnait autrefois le plain-chant dans les églises, et qu'on trouve encore dans les campagnes (LAVIGNAC, Mus. et musiciens, 1895, p. 147). Il se présentait en tambour-major devant trois rangs de tambours et la musique, composée de soixante amateurs jouant du flageolet, du serpent ou du bugle (POURRAT, Gaspard, 1930, p. 262).
‚ÄĒ P. m√©ton. Celui qui joue de cet instrument. Le po√ęte et le musicien se rendirent √† l'√©cole normale, o√Ļ les attendait le serpent de la cath√©drale qui initiait les futurs ma√ģtres d'√©cole √† l'art du plain-chant (CHAMPFL., Souffr. profess. Delteil, 1853, p. 200).
8. SPORTS (ski). ,,M√©thode d'acc√©l√©ration r√©serv√©e surtout aux slaloms et qui consiste √† op√©rer une s√©rie de petits virages encha√ģn√©s que le skieur ex√©cute en pleine d√©contraction`` (GAUTRAT Ski 1969).
C. ‚ÄĒ [Par jeu de mots] Arg. Sergent (anciennement, sergent chef de salle √† l'√Čcole polytechnique; sergent de ville). En dehors de ces √©tablissements, tout ch√īme jusqu'aux d√©crotteurs ind√©pendants, dont l'un qui cirait mes bottines s'est vu, ce dernier Sunday, v√©h√©mentement r√©primand√© par un ¬ę serpent¬†¬Ľ qui passait (VERLAINE, Corresp., t. 1, 1872, p. 57).
REM. 1. Homme-serpent. V. homme- I C. 2. Serpentelet, subst. masc., hapax. Petit serpent. Le pli de sa bouche se tordait sous la moustache comme un serpentelet (GIONO, Baumugnes, 1929, p. 48). 3. Serpent√©, -√©e, adj., rare, litt√©r. a) Dispos√© en forme de serpent. (Dict. XIXe et XXe s.). b) Orn√©, entour√© de quelque chose qui se d√©ploie √† la mani√®re d'un serpent. Un garagiste en compagnie de sa ma√ģtresse, serpent√©e de renard argent√© (FARGUE, Pi√©ton Paris, 1939, p. 46). 4. Serpental, -ale, -aux, adj., hapax. Qui est sinueux, ondulant. Sur les vagues jaunes et dor√©es du d√©sert, o√Ļ les caravanes de chameaux d√©crivent au loin leurs lignes serpentales (LAMART., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 259). 5. Serpenteux, -euse, adj., rare. Qui ondule √† la mani√®re d'un serpent, qui d√©crit une ligne sinueuse. Tandis que par derri√®re de longues et serpenteuses vagues, semblables aux monstres fantastiques de la fable (LAS CASES, M√©mor. Ste-H√©l√®ne, t. 2, 1823, p. 525). L'ancien chemin carrossable, serpenteux √† cause de la pente (RICHEPIN, Cadet, 1890, p. 44).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. √Čtymol. et Hist. 1. a) Ca 1100 ¬ę reptile √† corps cylindrique, tr√®s allong√©, d√©pourvu de membres¬†¬Ľ (Roland, √©d. J. B√©dier, 2543); b) 1606 serpent d'eau (NICOT); 1611 serpent cornu (COTGR.); 1671 serpent √† deux t√™tes (POMEY); 1680 serpent √† sonnette (RICH.); 1765 serpent √† lunettes (Encyclop. [la vedette est orthographi√©e: serpent √† lunette]); 1791 serpent de verre (VALM.); 1854 serpent diamant (Abb√© FALCIMAGNE, trad. Mgr R. SALVADO, M√©m. historiques sur l'Australie, p. 381 ds QUEM. DDL t. 13); 2. a) d√©b. XIIe s. uns marins serpenz (St Brendan, √©d. E. G. R. Waters, 909); 1855 serpent de mer ¬ę gigantesque monstre √† l'existence hypoth√©tique¬†¬Ľ (NERVAL, Nouv. et fantais., p. 279); 1939 fig. ¬ę sujet rebattu, clich√©¬†¬Ľ (GIRAUDOUX, Pleins pouvoirs, p. 93); b) 1501 ¬ę le Diable, Lucifer¬†¬Ľ (Livre de conduite du regisseur ... pour le myst√®re de la Passion jou√© √† Mons, √©d. G. Cohen, 10); 1585 serpent d'airain (N. DU FAIL, Contes d'Eutrapel, √©d. J. Ass√©zat, II, p. 334); c) 1926 serpent √† plumes ¬ę dieu de la mythologie azt√®que¬†¬Ľ (D. H. LAWRENCE, Le Serpent √† plumes); 3. 1174-77 pute serpant ¬ę personne perfide et m√©chante¬†¬Ľ (Renart, √©d. M. Roques, br. VIIa, 6071, t. 3, p. 17); 4. a) av. 1606 ¬ę ce qui ondule comme un serpent¬†¬Ľ (DESPORTES, Ang√©lique, I ds LITTR√Č); b) 1636 ¬ę instrument de musique¬†¬Ľ (MERSENNE, Harmonie universelle, p. 278); c) 1904 a√©ron. (MARCHIS, loc. cit.); 5. 1973 serpent europ√©en (Le Point, 8 oct. ds GILB. 1980); 1975 serpent mon√©taire europ√©en (ibid., 19 mai ds ROB. 1985). Du lat. serpentem, acc. de serpens ¬ę serpent¬†¬Ľ. Fr√©q. abs. litt√©r.:1 961. Fr√©q. rel. litt√©r.:XIXe s.: a) 3 448, b) 3 643, XXe s.: a) 2 085, b) 2 190. Bbg. BR√úCKER (F.). Die Blasinstrumente in der altfranz√∂sischen Literatur. Giessen, 1926, p. 54, 55. ‚ÄĒ QUEM. DDL t. 9, 12 (s.v. serpent √† chapeau), 16.

serpent [s…õ Äp…ĎŐÉ] n.¬†m.
√ČTYM. 1080, Chanson de Roland; parfois f√©m. en anc. fran√ß., du lat. serpentem, accus. de serpens ¬ę le rampant ¬Ľ, de serpere ¬ę ramper ¬Ľ, euph√©misme pour anguis ¬ę serpent ¬Ľ, dont on √©vitait de prononcer le nom.
‚ĚĖ
1 Reptile √† corps cylindrique, tr√®s allong√©, d√©pourvu de membres apparents, appartenant au groupe des Ophidiens. ‚áí Reptile. ‚ÄĒ REM. Dans la langue courante, serpent s'applique aussi √† des Sauriens serpentiformes non ophidiens. ‚ÄĒ Les serpents (ou Ophidiens) ont de nombreuses vert√®bres portant des c√ītes, des yeux prot√©g√©s par une √©caille transparente (sans paupi√®re), une langue bifide et r√©tractile. || √Čtude des serpents. ‚áí Erp√©tologie, ophiographie. || On distingue plus de deux mille esp√®ces de serpents. ‚ÄĒ √Čcailles des serpents. || Mue des serpents. ‚áí Muer. || Serpent ovipares, ovovivipares. ‚ÄĒ Serpents venimeux, non venimeux. || Poisons (n√©vrotoxine, h√©morragine) des venins de serpents. || Serpents aglyphes (sans crochets √† venin; ‚áí Colubriformes), √† crochets sillonn√©s (plac√©s en arri√®re [opistoglyphes] ou en avant [prot√©roglyphes] de la bouche), √† crochets cannel√©s (sol√©noglyphes). || Langue de serpent (‚áí Dard, Po√©t.). || Le serpent siffle, darde sa langue. || Morsure de serpent (‚áí Piquer, piq√Ľre, par ext.). || ¬ę Ce fut le serpent qui creva ¬Ľ (cit.¬†19, Voltaire). ‚ÄĒ Les serpents avancent par reptation. || Anneaux, replis d'un serpent. ‚áí aussi NŇďud (cit.¬†14). || Serpent qui rampe, se faufile (cit.¬†6), glisse entre les pierres ‚ÄĒ Par compar. || Se tordre, se tortiller comme un serpent, comme un ver. ‚ÄĒ Serpent qui fascine un oiseau. || Combat d'une mangouste (2. Mangouste, cit.) et d'un serpent. ‚ÄĒ Charmeur de serpent¬†: en Orient, Homme qui donne en spectacle des serpents venimeux qu'il tient en respect en les ¬ę charmant ¬Ľ au son d'un instrument de musique (fl√Ľte, etc.). ‚áí 1. Psylle (cit.¬†1). || ¬ę On dirait un serpent qui danse ¬Ľ (‚Üí Marcher, cit.¬†9). || Adoration, culte des serpents. ‚áí Ophiol√Ętrie, ophite. ‚ÄĒ Le serpent et la lime, fable de La Fontaine (V, 16).
1 (‚Ķ) des serpents oiseleurs sifflent, suspendus aux d√īmes des bois, en s'y balan√ßant comme des lianes.
Chateaubriand, Atala, Prologue.
2 Deux haillons transparents, deux nasses en gros tulle couleur d'araign√©e, t√©moignent que le printemps a d√©gain√© d'eux-m√™mes les deux grands serpents. Ils sont neufs (‚Ķ) Mais o√Ļ est le col, le flanc, la t√™te¬†? Un pavage d'√©mail habite ces cylindres, par leur propre poids oppress√©s.
Colette, Prisons et Paradis, ¬ę Serpents ¬Ľ.
3 (‚Ķ) je regardai, √©perdu, se lever, avec une lenteur mena√ßante et sournoise, le monstre enroul√© sur le seuil. Cette chose se d√©pliait et d'elle-m√™me mollement tirait des anneaux noirs d'une substance ind√©finissable. Peu √† peu cette vie sans nom et ce d√©roulement sans origine, en ondes d√©nou√©es d'une masse confuse, cr√©aient sur le seuil un reptile. Il oscillait. Par ondulations il reformait sans cesse son corps ind√©finiment dilu√© sous la fluidit√© de sa mati√®re. Maintenant on pouvait distinguer un serpent √©norme, dont la terrible t√™te plate se dandinait √† un m√®tre du sol. Pas un serpent de nos pays, mais une b√™te tropicale, charg√©e de venins s√Ľrs, et rapide √† mordre¬†(‚Ķ)
H. Bosco, le Jardin d'Hyacinthe, p. 159.
3.1 Si la musique agit sur les serpents ce n'est pas par les notions spirituelles qu'elle leur apporte, mais parce que les serpents sont longs, qu'ils s'enroulent longuement sur la terre, que leur corps touche à la terre par sa presque totalité; et les vibrations musicales qui se communiquent à la terre l'atteignent comme un massage très subtil et très long (…)
A.¬†Artaud, le Th√©√Ętre et son double, Id√©es/Gallimard, p.¬†124.
♦ Peau de serpent : peau préparée, tannée, du serpent (⇒ Cuir). || Un étui en peau de serpent (→ Camper, cit. 4), en serpent.
‚ô¶ (Qualifi√©, dans des noms d'esp√®ces). || Serpent √† collier¬†: couleuvre √† collier, dite aussi serpent d'eau. ‚ÄĒ (1611). Vx. || Serpent cornu; mod. serpent √† cornes (1904)¬†: vip√®re √† cornes, ou c√©raste. ‚ÄĒ (1765). || Serpent √† lunettes. a Aspic (dit aussi serpent de Cl√©op√Ętre). b ‚áí Cobra, naja. ‚ÄĒ (1680). || Serpent √† sonnettes. ‚áí Crotale. ‚ÄĒ Serpent corail. ‚áí √Člops. ‚ÄĒ Serpent devin¬†: le boa constrictor. ‚ÄĒ Serpent cracheur, qui projette son venin. ‚ÄĒ Serpent √† deux t√™tes, serpent √† deux queues. ‚áí Amphisb√®ne. ‚ÄĒ Serpent minute¬†: serpent minuscule (d'o√Ļ son nom, du port. minuto) du genre typhlos. ‚ÄĒ Serpent ratier, mangeur de rats. ‚ÄĒ Serpent fouet¬†: petit serpent tr√®s mince. ‚ÄĒ Serpent loup¬†: serpent du genre lycodon. ‚ÄĒ En fran√ß. d'Afrique. || Serpent boa¬†: python. || Serpent cracheur ou cracheur¬†: naja.
3.2 (‚Ķ) les colons eurent la d√©sagr√©able surprise d'apercevoir Top s'arr√™ter devant un serpent de grande taille, qui mesurait quatorze ou quinze pieds de longueur. Nab l'assomma d'un coup de b√Ęton. Cyrus Smith examina ce reptile, et d√©clara qu'il n'√©tait pas venimeux, car il appartenait √† l'esp√®ce des serpents-diamants dont les indig√®nes se nourrissent dans la Nouvelle-Galle du Sud. Mais il √©tait possible qu'il en exist√Ęt d'autres dont la morsure est mortelle, tels que ces vip√®res-sourdes, √† queue fourchue, qui se redressent sous le pied, ou ces serpents ail√©s, munis de deux oreillettes qui leur permettent de s'√©lancer avec une rapidit√© extr√™me.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. I, p. 209.
3.3 Une fois, j'avais regard√© un serpent de tr√®s pr√®s. Je n'ai jamais eu peur des serpents. Je les aime comme j'aime les belettes, les fouines, les perdreaux, les hases, les petits lapins, tout ce qui n'a pas la hantise de la mort et l'hypocrisie de l'amour. Les serpents sont d'admirables b√™tes paisibles et sensuelles, n√©es au plus creux du monde, dans l'endroit o√Ļ doit se trouver l'essence des granits, des basaltes et des porphyres; ils sont vraiment d'une beaut√© et d'une gr√Ęce extraordinaires.
J. Giono, Jean le Bleu, Pl., t. II, p. 81.
♦ En parlant de sauriens non ophidiens. (1791). || Serpent de verre : orvet.
♦ (1768). || Serpent d'eau : se dit de certains poissons anguiformes (anguille, congre…).
4 C'√©tait une b√™te longue de pr√®s de deux m√®tres et √©paisse comme une bouteille‚Ķ elle s'approchait de l'homme et elle ouvrait sa grande m√Ęchoire silencieuse aux dents de scie. Antonio toucha le congre √† pleines mains au moment o√Ļ le serpent d'eau balan√ßait sa queue devant lui.
J. Giono, le Chant du monde, I, II.
‚ě™ tableau Noms de reptiles non fossiles.
2 Animal fabuleux, rampant et allong√©; repr√©sentation symbolique ou religieuse de serpent. ‚áí Monstre (cit.¬†4); amphisb√®ne, 1. basilic, guivre, hydre. || Chim√®re, dragon √† queue de serpent. || Les deux serpents du Caduc√©e. || Le serpent Python (1.). || Les serpents, attributs de Furies (1.), de la M√©duse. || ¬ę Pour qui sont ces serpents‚Ķ ¬Ľ (‚Üí Enfer, cit.¬†2, Racine). ‚ÄĒ Dieux serpents, dans certaines religions. || Le serpent √† plumes Quetzalcoatl, divinit√© de l'Am√©rique pr√©colombienne (tolt√®que, puis maya). ‚ÄĒ T.¬†biblique. || Le serpent d'airain¬†: embl√®me sauveur fait par Mo√Įse, inspir√© par Yahv√©, pour gu√©rir son peuple des morsures de serpents (Nombres, XXI, 4).
5 (…) le serpent aux ailes d'or, qui déroulait autour de l'arbre de la science sa spirale d'azur, était pétri de lumière et d'amour.
France, Tha√Įs, II,¬†p.¬†144.
‚ô¶ (V.¬†1112, marin serpent). || Le serpent de mer¬†: animal fabuleux serpentiforme, de grande taille, dangereux; animal ou objet marin mal identifi√©. ‚ėĎ Loc. C'est le serpent de mer, c'est un sujet rebattu, un clich√©. Cf. Le monstre du Loch Ness.
6 Voilà quelques années encore, les grands travaux de la mer, le canal sous la Manche, le canal des Deux-Mers, n'apparaissaient dans les journaux qu'en été, dans l'absence d'autres chroniques, aux époques du grand serpent de mer.
Giraudoux, De pleins pouvoirs à sans pouvoirs, p. 93.
‚ô¶ (1550). Symbole de l'esprit du mal, du malin, dans la Bible (Gen√®se). || Le serpent qui tenta √ąve (dans le paradis terrestre), et l'incita √† manger le fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. ‚áí D√©mon, tentateur (cf. Gen√®se, III). || La Vierge est souvent repr√©sent√©e terrassant le serpent. ‚ÄĒ Fig. Celui qui s√©duit, trompe, induit au mal (‚Üí Corrupteur, cit.¬†4; √ąve, cit.).
7 Il devait √™tre et fut, pour l'√ąve ennuy√©e de son paradis de la rue du Rocher, le serpent chatoyant, color√©, beau diseur, aux yeux magn√©tiques, aux mouvements harmonieux, qui perdit la premi√®re femme.
Balzac, Une fille d'√ąve, Pl.,¬†t.¬†II,¬†p.¬†93.
♦ Alchim. || Le serpent : le mercure (cit. 1).
♦ Par compar. (de formes allongées et tortueuses). || En forme de serpent, comme un serpent. → ci-dessous, 4.
7.1 La Seine semble un gros serpent roulé, couché immobile, dont on n'aperçoit ni la tête ni la queue (…) et la terre entière a l'air d'une immense cuvette de prés et de forêts qu'enferme à l'horizon une montagne basse, lointaine et circulaire.
Maupassant, De Paris à Heyst, Pl., t. II, p. 1282.
3 (XIIIe). Par métaphore, fig. (par allus. aux caractères traditionnels de finesse, de prudence [cit. 4 et 5], de ruse…, attribués au serpent).
a Personne m√©chante, perfide. || Un de ces serpents de la litt√©rature (‚Üí Folliculaire, cit.¬†1). ‚ÄĒ Langue de serpent. ‚áí Langue. ‚ÄĒ ‚ėĎ Un serpent qu'on r√©chauffe dans son sein (‚Üí Hypocrisie, cit.¬†17; r√©compense, cit.¬†4). ‚ÄĒ Une prudence, une ruse de serpent, extr√™me.
b Action, parole trompeuse, mensongère, dangereuse et perfide. || Le serpent, les serpents de la calomnie, de l'envie, de la médisance.
c Chose dangereuse, sentiment dangereux, nuisible. || ¬ę L'ambition, serpent insidieux ¬Ľ (cit.¬†6).
7.2 Le jour de son mariage !… Ah ! voilà donc pourquoi il ne m'embrassait pas, moi ! (Tragiquement.) Oh ! je sens les serpents de la jalousie ! (À Amédée.) Ne t'en va pas ! je te reprends !
E. Labiche, le Clou aux maris, 16.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. Un serpent cach√© sous les fleurs¬†: un danger cach√© sous des apparences flatteuses.
4 (Déb. XVIIe). Par anal. de forme. Chose longue et mince, sinueuse ou lovée comme un serpent. || Cheveux en longs serpents noirs (→ Boucle, cit. 5). || Le long serpent de ses bois (→ 1. Glycine, cit. 1). || Serpents de feu.
8 (‚Ķ) ces esp√®ces de tire-bouchons (de cheveux) que les pr√©dicateurs appelaient, dans ce temps-l√†, des serpents, pour en d√©go√Ľter les jolies filles, sans avoir jamais pu y parvenir.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, ¬ę Le bonheur dans le crime ¬Ľ, p.¬†157.
9 Le vaste bateau glissait, jetant sur le ciel, qui semblait ensemencé d'étoiles, un gros serpent de fumée noire (…)
Maupassant, Contes de la B√©casse, ¬ę La peur ¬Ľ.
10 Maintenant les canaux tortueux qui traversent la ville sont un long serpent de barques amalgamées qui s'avance dans les vociférations (…)
Claudel, Connaissance de l'Est, ¬ę Mar√©e de midi ¬Ľ.
♦ (1908). Techn. Cordage fixé sous la nacelle d'un ballon, et qui sert d'amortisseur en cas de descente brusque.
‚ô¶ (1636). Mus. Ancien instrument √† vent, en bois et en cuir, dont le tube √©tait recourb√© plusieurs fois. || L'ophicl√©ide a remplac√© le serpent. ‚ÄĒ Par m√©tonymie. Instrumentiste qui jouait du serpent.
5 Loc. || Ňíil de serpent. ‚áí Ňíil-de-serpent. ‚ÄĒ Langue de serpent. a Ophioglosse (plante). b Outil √† deux pointes. ‚ÄĒ Bois de serpent. ‚áí Serpentine.
6 (1972). √Čcon., fin. Marge de fluctuation des cours, autoris√©e sans intervention obligatoire des banques centrales, pour un ensemble de monnaies d√©termin√©. || Le serpent mon√©taire europ√©en. || √ätre, entrer dans le serpent. || Sortir du serpent. || ¬ę Le retour du franc dans le ‚Äúserpent‚ÄĚ mon√©taire europ√©en ¬Ľ (le Point, 19¬†mai 1975, p.¬†54). ‚ÄĒ Le serpent communautaire, europ√©en.
‚ĚĖ
D√ČR. Serpente, serpenteau, serpenter, serpentueux.
COMP. Serpentiforme.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • Serpent ‚ÄĒ –°–ĺ–∑–ī–į—ā–Ķ–Ľ—Ć: –†–ĺ—Ā—Ā –ź–Ĺ–ī–Ķ—Ä—Ā–ĺ–Ĺ, –≠–Ľ–ł –Ď–ł—Ö–į–ľ ‚Ķ   –í–ł–ļ–ł–Ņ–Ķ–ī–ł—Ź

  • serpent ‚ÄĒ SERPENT. s. m. Reptile venimeux. On comprend sous ce nom, Les Viperes, les Couleuvres, les Aspics, &c. Gros serpent. la peau d un serpent. la despo√ľille d un serpent. morsure de serpent. le venin du serpent. on dit que les serpens changent de… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise

  • Serpent ‚ÄĒ is a synonym for snake.Serpent can also mean: * Serpent (symbolism), the name given to a snake in a religious or mythological context * Serpent (band), a heavy metal band * Serpent (instrument), a member of the brass family * Serpent… ‚Ķ   Wikipedia

  • Serpent ‚ÄĒ Ser pent, n. [F., fr. L. serpens, entis (sc. bestia), fr. serpens, p. pr. of serpere to creep; akin to Gr. ???, Skr. sarp, and perhaps to L. repere, E. reptile. Cf. {Herpes}.] 1. (Zo[ o]l.) Any reptile of the order Ophidia; a snake, especially a… ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

  • Serpent ‚ÄĒ (v. lat. serpens ‚ÄěSchlange‚Äú) bezeichnet ein historisches Musikinstrument, siehe Serpent (Musik) einen Verschl√ľsselungsalgorithmus, siehe Serpent (Verschl√ľsselung) eine Gottheit in Form einer Schlange, siehe Serpent (Mythologie) eine… ‚Ķ   Deutsch Wikipedia

  • Serpent ‚ÄĒ es un algoritmo de cifrado sim√©trico de bloques que qued√≥ finalista en el concurso Advanced Encryption Standard del NIST, tras Rijndael. Serpent fue dise√Īado por Ross Anderson, Eli Biham y Lars Knudsen. Como otros participantes del AES Serpent… ‚Ķ   Enciclopedia Universal

  • serpent ‚ÄĒ SERP√ČNT, serpente, s.n. Instrument de suflat din sec. XVI, cu tonalitate gravńÉ, √ģnlocuit ulterior de tubńÉ. ‚Äď Din fr., engl. serpent. Trimis de claudia, 13.09.2007. Sursa: DEX 98 ÔĽŅ SERP√ČNT s. n. instrument muzical de suflat, cu registru grav, care ‚Ķ   Dic»õionar Rom√Ęn

  • serpent ‚ÄĒ c.1300, limbless reptile, also tempter in Gen. iii:1 5, from O.Fr. sarpent, from L. serpentem (nom. serpens) snake, from prp. of serpere to creep, from PIE *serp (Cf. Skt. sarpati creeps, sarpah serpent; Gk. herpein ‚Ķ   Etymology dictionary

  • Serpent ‚ÄĒ Ser pent, v. i. [imp. & p. p. {Serpented}; p. pr. & vb. n. {Serpenting}.] To wind like a serpent; to crook about; to meander. [R.] The serpenting of the Thames. Evelyn. [1913 Webster] ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

  • serpent ‚ÄĒ s√®rpent m <G mn s√®rpenńĀtńĀ> DEFINICIJA glazb. drveni puhańái instrument iz 16. st., sastoji se od zmijoliko savijene buŇ°ene cijevi od orahovine, presvuńćene koŇĺom ETIMOLOGIJA fr. serpent: zmija ‚Ķ   Hrvatski jezińćni portal


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